Ayaviri au jour le jour

Publié le par ayaviri

Un petit article pour vous raconter comment se déroulent nos journées, toujours pleines d´imprévus bien sur, souvent d´attente et de belles rencontres.

 

Notre journée commence à 7h, il est toujours difficile de quitter notre lit bien chaud (couette, duvets, 6 couvertures en laine) même si en ce moment les gelées et le froid sont moins intenses. Enfin, nous avons beaucoup de chance d´avoir une douche chaude (pas trop longue sinon il n´y a plus d´eau chaude pour celui (ou celle) qui ne s´est pas levé en premier!).


Petit déjeuner ensemble, un bon jus de fruit frais grâce a notre mixeur, et des « granos andinos » tels que du quinoa soufflée, de la kiwisha, des corn flakes, du blé soufflé avec du lait. Nous trouvons le lait sur le marché. Nous l´achetons en espérant toujours qu´il soit bien frais… Puis il faut le faire bouillir et Camille enlève comme elle peut la crème, la peau … (dédicace pour Laurent). Pour les céréales, nous les trouvons uniquement dans les grandes villes comme Puno ou Cusco. Donc, quand nous revenons de week-end, nous avons 2 ou 3 kg de céréales dans nos sacs! A Ayaviri, les péruviens mangent une bonne soupe avec de la viande le matin. Un jour, Yves part un matin a 6h et dit a son collègue qu´il a déjà mangé, son collègue lui demande alors « Camille s´est levé pour te faire à manger? » no comment. Et de temps en temps, on écoute une rediffusion du journal de France Inter et oui ! Gros décalage mais cela nous permet de rester en contact avec la France.


8h30 au boulot. Nous avons des emplois du temps différents, nous sommes chacun intégrés dans une équipe. Parfois nous restons au bureau. Dans ce cas la, on a bien froid car notre bureau est a    l´ombre. Couverture, collants, gants et maté de coca (infusion) jusque 13h. A 13h, pause déjeuner, on va manger avec les collègues de bureau a la place de Ayaviri dans des petits resto qui ont des menus a 4 soles (1euro) : soupe de riz et/ou de pomme de terre avec quelques carottes ; plat : riz avec des pommes de terre ou des frites avec viande bouillie. Reprise du boulot à 15h après un petit café au soleil pour se réchauffer. Fin de la journée vers 18h30-19h. Au bureau, on analyse nos résultats, on prépare nos méthodologies, nos budgets, on assiste aux réunions des projets… Ce sont des journées plus ennuyantes mais nécessaires aux projets et cela crée un quotidien avec nos collègues de bureau.

 

Si on part sur le terrain, on part vers 9h, le temps de « coordonner » (c´est leur mot préféré) le départ. On y va en moto ou en voiture. Yves conduit la moto et se débrouille tout seul. Il part toujours accompagné, car le boulot sur le terrain se fait en équipe. Et Camille monte derrière son collègue. On a des grosses combinaisons pour le froid. Sur les pistes, ca bouge beaucoup mais on    s´y fait. On essaie de ne pas se faire mordre par les chiens qui ont la mauvaise habitude de courir après les motards et essayer de leur choper le mollet en aboyant!

Les communautés ou travaille Yves sont a 1h maximum et Camille va parfois plus loin visiter les fromageries.

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      Elmer, collegue de Camille, avec une productrice de lait

 

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      La traite des vaches

 

Les journées de boulot sur le terrain sont fatigantes mais très enrichissantes. Yves rencontre des futurs producteurs de quinoa ou alors il se rend dans les communautés où d´autres projets sont gérés par son équipe. Pendant la journée, nous ne mangeons pas toujours… dans ce cas il faut tenir ! Parfois nous sommes invités par l´agriculteur: soupe avec de la viande, chuño (pomme de terre déshydratées), pommes de terre, foie, oreille entière de brebis (c´était pour Yves ca), fromage et alpaca fraichement tué (sous nos yeux) à toute heure ! On mange tout avec les mains! Il est malpoli de refuser et de ne pas finir, donc souvent on emmène nos restes dans une petite bolsa et on l´emmène chez nous pour ne vexer personne.


Retour au bureau a Ayaviri a la tombée de la nuit vers 17h30 avec toujours une superbe lumière lors du coucher du soleil. Ces journées sont extraordinaires et représentent les 2/3 de notre temps au boulot.


Nous dinons vers 19h parfois chez nous, quand on a le courage de cuisiner dans notre cuisine froide avec de l´eau gelée… parfois dans les petits restos d’Ayaviri. Les péruviens mangent peu le soir, un sandwich ou un hamburger et un maté. On essaye de créer des occasions pour voir du monde le soir, car sinon c est un peu mort ! Il y a le billard, les cours de français que certains collègues nous ont demandé, les cours de quechua que nous venons de commencer, cette semaine Camille a « répétition » tous les soirs de danse. En effet, pour la fête de la vierge d´Ayaviri, Camille va défiler en dansant (activité principale à Ayaviri) avec costume très folklorique, musique typique. Ca promet  d´être génial. Ils prennent cela très au sérieux et il faut danser et défiler bien droit, danser ensemble… On vous mettra des photos ! Yves a tenté le cinéma qui a lieu dans la pièce municipale d Ayaviri (une séance par mois). Et pour le vendredi soir, c´est souvent rendez vous au Pisco, petit bar-boite ou la règle est de danser du début jusqu´a la fin. Cumbia, salsa, morenada, reggaetown, un peu de rock et de techno, du pisco et … du pisco ! Le samedi soir reste tranquille car en général le dimanche est le jour du ménage, de la lessive (a la main) donc les ayavireños se couchent tôt. Mais en semaine, pas de folie on se couche entre 21h et 22h, tôt mais il fait froid pour veiller plus tard! On s´est déjà mis au lit a 19h30, non non pas de honte !

 

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Soirée crepes a l´appart avec Tania, Camille, Diana, Marion, Dianet et Candy et Yves le photographe

 

 

Voila un aperçu de nos journées. On pense souvent aux volontaires en Afrique qui ont trop chaud ! On se rend compte que le climat influe énormément sur la manière de vivre. On essaie de créer les occasions pour avoir des moments d´échanges avec nos collègues, pour un peu plus de sociabilité en ville. Mais depuis qu´il fait moins froid, il y a plus d´animation sur la place, des anniversaires    d´écoles, des fêtes religieuses, et cela se manifeste avec des danses et des défilés avec orchestre…

 

 

Dans nos missions, Yves avance bien avec son collègue Percy. Après avoir recensé les agriculteurs intéressés par le projet, ils ont pu commencer la distribution de semences de quinoa. Il a également commencé les formations avec les 5 communautés du projet. La première concernait le semis du quinoa. Un des objectifs est de semer en ligne et non a la volée (pour plus de rendement). Objectif à moitie réalisé, ils ont trouvé le compromis de faire moitié/moitié pour ainsi comparer les résultats. En effet, le semis en ligne prend plus de temps.

 

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Formation d´Yves sur les semis de quinoa

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Les semis en pratique, en ligne et tout a la main, travail d´équipe!

 

 

Pour Camille c´est compliqué car depuis 1 mois, elle préparait une étude de marché mais son responsable Felipe a annulé cette étude le jour ou elle devait commencer les enquêtes. Ses collègues pensent qu´ils n ont pas besoin d´étude de marché pour le projet (ils auraient peut être pu le dire plus tôt…) Donc Camille repart a zéro et ne sait pas bien ce qu´elle va pouvoir faire avec cette équipe dans ce projet. D´autant plus, que ses compagnons ne montrent pas grand intérêt a sa présence. Elle enchaine les réunions avec le responsable de projet et le responsable de Caritas, qui, au final, ne sont pas d’accord et ne se disent pas les choses pendant les réunions…. Cela fait beaucoup de rebondissement et renversements de situations. Quelques jours sont nécessaires pour éclaircir la situation : quel boulot pour Camille ?

 

 

Et enfin, il est maintenant possible de vous parler de la situation ecclésiastique. Après quelques mois, nous nous rendons compte que nous ne partageons par tous les points de vue de la paroisse et diocèse ou nous sommes. C´est en général une église très conservatrice et traditionnelle qui, selon nous, ne laisse pas beaucoup de liberté de pensée. Heureusement qu´un point commun persiste et est bien présent : aider ceux qui ont besoin. C´est le plus important.

 

 

Et voila des photos de notre journée d´hier, nous sommes partis sur les terres d´une communauté ou Yves travaille, a 4500 m d´altitude ou cette communauté fait garder ses bêtes (moutons et alpacas) par 2 bergers.


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Parc pour les alapcas (genre de lamas) et les moutons de la communauté

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La bergere

Endroit plus qu´isolé, sans eau ni électricité ou les bergers vivent avec les bêtes 6 mois de l´année. La journée, le soleil est extrêmement fort, et la nuit il fait très froid, bien en dessous de zéro. Conditions extrêmes pour ces 2 bergers qui ne parlent que Quechua, qui n´ont plus de dents et qui se promènent a pied dans les picots. On était une dizaine pour injecter des vitamines aux animaux. Yves a donné un coup de main pour attraper et tenir alpacas et moutons, une vraie main de maitre!


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Camille s´est rendue utile en épluchant les patates. Pour le repas, ils ont tué un alpaca, ils l´ont saigné puis découpé encore chaud… Camille a eu droit à un vrai cours d´anatomie. Très impressionnant de voir la viande sursauter alors que l´alpaca est mort depuis 20-30 minutes… Ils découpaient les os et la viande à coups de pierre contre pierre… bref on vous passe les détails.

 

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Le tout dans la marmite et chacun avait droit a un morceau de 2kg environ. Silence respectueux au moment du repas. Tous sont venus en moto pour la plupart et 2 sont venus a cheval, 4h de cheval aller et idem pour le retour. Nous avons l´impression d´être sur une autre planète et cela est une totale découverte. Parfois, le dialogue est difficile surtout avec les femmes qui ne parlent que quechua. Les hommes vont davantage en « ville » a Ayaviri et comprennent l´espagnol. Bref, nous avons envie d´apprendre le quechua !

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Long article pour vous faire découvrir notre VIE a Ayaviri et les découvertes que nous faisons chaque jour ! On pense très fort à vous, nos amis, nos familles, nos parrains d´association et nous vous remercions pour votre soutien.

 

A tres bientôt pour d´autres aventures, notamment la Fete de la Santisima Virgen de Alta Gracia (processions, défilé, danse, et meme corrida!). Camille.

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