Fin de l'aventure !

Publié le par ayaviri

 

 

Voilà, nos deux ans à Ayaviri arrivent à leur terme!

Comment décrire nos impressions : la joie de retrouver nos familles, amis, la douceur de vie Française, la tristesse de laisser les enfants de Casa Cana, les gens des communautés, les petites habitudes prises à Ayaviri, aller 3 fois par jour chez Flora acheter du pain, des pates… aller prendre son petit déjeuner  (jus de quinoa chaud, sandwich a l’œuf) sur la place …

Voici ou nous en seront arrivés dans nos projets :

Yves:

Pour le projet quinoa, le projet s’achève sans suite pour manque de financement. Le projet pilote que j’ai mené pendant les 2 ans donne maintenant ses conclusions : il est très difficile d’être agriculteur à 4000m ! (ca je ne crois pas qu’ils m’aient attendu pour s’en rendre compte !), il peut geler ou grêler à n’importe quel moment de l’année et les producteurs sont habitués à perdre leur récolte une année sur trois. A partir de ce constat, la productivité et le rendement sont difficilement améliorables. Par contre, il reste beaucoup à faire au niveau de l’organisation des producteurs, et là on bute sur un problème sociologique. En effet, les années récentes de terrorisme (1980-2000) et l’histoire des péruviens ne leur permettent pas le luxe d’avoir confiance en d’autres personnes. Les socios des communautés ou je travaille n'arrivent pas à concevoir qu'une simple CUMA puisse fonctionner normalement en France, sans qu'un des type ne garde la machine chez lui, ou pire la revende ...

Ils ne comprennent pas qu'on puisse faire confiance à sa coopérative ou son négoce, livrer son grain et être payé 3 mois après ...

Mais la formation d’une association de producteurs est indispensable pour utiliser la machine que l’on a achetée avec le projet, vendre le quinoa en commun, et surtout accéder a la certification biologique, seule voie de valorisation du quinoa de l’Altiplano.

Apres plusieurs réunions, nous avons donc formé une association avec 28 producteurs : « Asociacion de productores de granos andinos Wiñariy Tikallani », regardez bien sur vos paquets de quinoa dans quelques années si vous ne retrouvez pas ce nom !!


 

 

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Mais on en est encore pas là, pour l’instant nous avons vendu le quinoa de l’année dernière a un transformateur de Juliaca, qui la prépare et l’exporte en Europe et USA. Le marché a été conclu à un prix de 5.20 soles le Kilo (1,5euro) ce qui permet au producteur de dégager un revenu de 800 Euros par hectare et par an, et place le quinoa comme culture la plus rentable sur l’altiplano. Ce revenu supplémentaire permet en premier lieu aux familles de payer des études a leurs enfants … afin qu’ils n’aient pas la même vie que leurs parents… et qu’ils trouvent un poste de fonctionnaire, professeur, avocat … mais alors qui cultivera le quinoa … !?

Je laisse donc le projet au stade de la formation de cette association, et le début de la récolte (qui ne sera pas aussi bonne que l’an dernier car les pluies ont été beaucoup plus abondantes).

Si Caritas trouve de nouveaux financements, ils lanceront un nouveau projet quinua, plus important et incluant plus de producteurs, se basant sur les résultats de ce premier projet.

A Casa Cana, une et très bientôt deux, serres sont en pleine production. Les enfants ont pris l’habitude d’aller arroser le jardin tous les 2 jours et de manger de la salade, des brocolis, des courgettes ou radis à chaque repas. La mise en route de la seconde serre permettra de passer à la deuxième étape du projet : la vente de légumes et graines sur le marché d’Ayaviri. De nombreux projets germent, comme l’installation d’un réservoir et d’un grand tuyau pour faciliter l’arrosage, la culture de luzerne en plein champs ainsi que de pousses d’orges permettrait l’élevage de cuys (cochons d’inde), met très apprécié au Pérou, tout ca afin de trouver de nouvelles sources de financement pour CANA, qui en manque beaucoup !

 Mais je laisse tout ça et bien d’autres choses au futur volontaire DCC, Yves (lui aussi) qui arrive au mois d’Aout.

 

 

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Camille:

 

Le projet d’artisanat est toujours en cours. Des 3 groupes d’artisanes, 1 groupe est un peu « à la traine ». C’est un groupe d’une dizaine de femmes dans le district de Nuñoa, à 2h15 d’Ayaviri et cela s’en ressent. Les femmes sont très timides, réservées, introverties et ont un niveau scolaire (très) bas. J’ai donc répété plusieurs fois les formations avec peu de résultats ! Eva aura du boulot pour créer davantage d’outils pédagogiques… Mais leurs produits sont de bonne qualité. Aucune vente n’a encore été faite par manque d’organisation et de constance. En effet, d’une réunion a une autre, tout est différent, les femmes ne sont pas toujours là. Difficile de construite un « plan de travail ».

Les 2 autres groupes avec qui j’ai travaillé sont en très bonne voie. Les femmes sont plus « vives » et actives, les présidentes ont la « gnac » et les compétences.  Apres beaucoup de formations d’organisation, de qualité, de tendance de marché et un travail en étroite relation avec les présidentes pour toutes les petites choses opérationnelles, ces 2 groupes ont des bons produits pour la vente, ont vendu en France (elles en sont très fières), font partie de la coopérative des artisans du Pérou (commerce équitable). Les 1eres commandes de cette coopérative sont arrivées  il y a 2 semaines ! Apres 1 an d’intégration et de beaucoup d’efforts fournis (réunions, rapports, déplacements), c’était une grande récompense. Quelques produits iront à dans une association a  St Etienne, d’autres en Italie et Autriche. J’ai quand même l’impression de partir au moment où les ventes arrivent. Eva aura beaucoup de boulot pour consolider tout ça !

Nous continuerons de vendre des produits par catalogue aux amis, amis d’amis avec des nouveaux produits et des tailles plus adaptées, une fois par an au mois d’Octobre. Les produits arriveront début Décembre.

 

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Nous quittons maintenant a Ayaviri, mais pas encore l’Amérique du sud, puisque nous partons 4 mois avec notre moto découvrir le Brésil, le Nord de l’Argentine et la Bolivie.

Nous revenons à Ayaviri en Septembre pour rencontrer Yves (un autre !) et Eva, les nouveaux volontaires DCC d’Ayaviri !

Yves vient pour être volontaire à temps plein à la CASA CANA, et son indemnité sera financée par l’association AYAVIRI. Eva vient continuer le projet artisanat de l’IER. L’association Ayaviri va donc poursuivre ses objectifs : participer au développement rural et social sur l’altiplano d’Ayaviri.

Vous ne resterez donc pas longtemps sans nouvelles, continuons ensemble à soutenir ces projets!

 

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Leroy 03/05/2013 15:14

Bravo à tous les deux. Merci de nous avoir si bien fait participé. On a envie de continuer votre action et d'apporter du mieux être dans ce monde

Gaëlle 02/05/2013 10:09

Félicitations !! Supers projets, qu'on a pu suivre ! Très belles initiatives ! Et un top voyage pour conclure le tout... Bonne route à tous les deux ! Vous nous avez fait rêver un peu...

damien 29/04/2013 20:49

bravo et merci pour ce temps vécu là bas...au plaisir de vous revoir et vous entendre (conférence ?) sur ce vécu de là bas par vous 2 et ce que vous en retirez pour votre avenir...bien amicalement
, bonne fin de séjour Damien

baba 28/04/2013 23:19

Ca sent la fin.... Bon courage à tous les deux pour laisser vos missions ou elles en sont... Yves et Eva apporteront surement beaucoup à tous ceux qui ont fait parti de votre quotidien ces deux
dernières années... Bonne route en moto et à bientôt. Je vous embrasse bien fort.