Le Quinoa...et le reste !

Publié le par ayaviri

 

Le Projet Quinoa Avance Bien !

Ce projet est développé avec des communautés: il y 20 ou 30 ans, certains agriculteurs (souvent les plus pauvres) ont décidé de s’organiser en communauté et de mettre en commun leurs terres, leur bétail (vaches, moutons, lamas,  alpacas) et leur travail. Une communauté rassemble souvent 30 a 40 familles, ce qui fait environ 100 a 150 personnes. Etant donnée la faible proportion de terres cultivables, les communautés sont très étendues : le « centre » de la communauté est souvent composé d’une salle commune ou ont lieu réunions, fêtes ; ainsi que quelques installations communes (four, stockage de céréales…). Les maisons des socios (membres de la communauté) sont dispersées dans les montagnes, jusqu'à une demi-heure de moto (moyen de locomotion le plus rependu, ayant pris le relais du cheval qui consommait trop de fourrage !).


Chaque socio possède donc son propre terrain (1ha en moyenne, ou sont cultivés tour à tour pommes de terres, quinoa, pois et orges) 4 ou 5 vaches et quelques moutons ; et participe aux travaux communs sur les terres de la communauté.

Le projet quinoa donc, dont je suis « coordinateur » (ou empêcheur de tourner en rond !) a pour but de redévelopper cette culture quelques peu délaissée. En effet, les graines de quinoa sont très riches en protéines (jusque 16%) et autres éléments et sont un bon aliment pour les personnes vivant dans les communautés. De plus, nous souhaitons faire produire plus de quinoa qu’elles n’en consomment aux familles, afin qu’elles regroupent leurs surplus et la vendent en commun (le prix du quinoa est élevé en ce moment, environ 8soles soit 2€/kg, et profite de l’augmentation de la consommation de l’hémisphère nord, donc mangez-en !!).


Apres 1,5 mois de rencontres de communautés, de présidents de communautés, de producteurs… Nous réussissons à réunir 40ha de quinoa avec … 150 producteurs (5 communautés)! Les prochaines étapes vont être la distribution de semences certifiées (inutilisées jusque maintenant), la visite des terrains avant les semis qui ont lieu en aout/septembre, et la mise en place de formations technique dans chaque communauté. Dans le même temps, nous nous sommes engagés envers les producteurs à leur trouver un bon débouché : il va falloir assurer !

 

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A la recherche du president de la communauté:

"il doit etre sur la montagne avec son troupeau..."

Vamos !

 

 

ET à part le quinoa ??!

Ce projet quinoa, qui a été mis en route avec mon arrivée, s’appuie sur un autre projet Caritas s’occupant de la  Gestion rurale des ressources naturelles et productives fonctionnant déjà depuis un an et demi dans ces mêmes communautés. Je participe donc à ce projet avec l’équipe avec laquelle je travaille. 2 chantiers sont actuellement en court dans les 5 communautés ou on travaille le quinoa :

Le premier chantier concerne la reforestation, ou plutôt la forestation tout simplement (a 4000m les arbres ne poussent pas spontanément). Pour cela, un vivero (pépinière) a été construit il y a quelques années, et nous y avons ajouté un réservoir d’eau (ici il ne pleut pas d’avril a Septembre) pour arroser les arbres et un pasto en contrebas… monter tout le matériel en 4*4 (ciment, sable, graviers, planches) puis faire le béton la haut sans bétonneuse, et avec beaucoup de system D… ces campesinos (paysans) m’ont impressionné ! Le chantier a duré quasiment 2 semaines et cela m’a permis d’échanger plus avec eux : les campesinos des montagnes sont plutôt froids et réservés, d’autant plus avec un gringo qui ne parle pas le quechua ! Le seul mot que j’avais en commun au départ avec certains d’entre eux était « Zidane » ! Mais le temps aidant, ils ont fini par m’apprendre à se servir de leur fronde en laine leur servant à chasser et à réunir leurs moutons… (je me croyais dans « rendez-vous enterre inconnue »…)

 


 

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la construction du reservoir a coté du vivero

 

 

Autre chantier, la protection de 20ha de terrain dans la montagne afin de conserver 2 sources d’eau potable et la forestation de cette zone. Planter des arbres est tres important voir crucial pour le maintien de l’agriculture dans cette zone : la saison des pluies dure 4 a 5 mois, et sans arbres pour retenir les terrains en pentes, l’érosion est importante. De plus, les arbres protègent les cultures du gel et du vent. Enfin, le seul combustible disponible pour faire la cuisine est la bouse de vache séchée… Un peu de bois de temps en temps n’est pas du luxe !

Encore une fois, il faut voir les petits campesinos à l’œuvre : transporter 3 ou 4 poteaux de bois sur le dos en haut de la montagne avec des sandales en pneu au pied leur parait tout a fait normal !

 

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On monte les poteaux pour la cloture...

 


Voila comment mes journées sont occupées, pleines de surprises (les choses se passent rarement comme prévues, si elles l’ont été !), de rencontres, de repas partagés dans la campagne, de problèmes inattendus aussi…

 

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Dosificacion de las vacas



Certaines journées moins organisées ou moins « productives » comme on l’entend chez nous (ce terme n’a pas beaucoup de signification ici !) je me rends compte que, plus que le travail effectué, c’est la présence de quelqu’un de différent et d’extérieur qui change un peu les choses. Le simple fait d’ETRE la avec ces campesinos, avec ma culture et mes références différentes, apporte plus que les 3 sacs de ciment que j’aurai transportés. Une fois la méfiance du gringo dépassée, beaucoup de questions viennent « on ne mange pas de cuy (Cochon d’inde) en France ?! », « combien de temps pour aller d’ici a ta maison en France en voiture ? », « et pourquoi tu es venu la nous aider alors que tu pourrais travailler dans la grande ferme de ton père ? » … peut être une petite ouverture sur le monde, un sentiment que même un « riche blanc » peut s’intéresser a eux et vouloir améliorer un peu leur quotidien….

 

Hasta Luego !

Yves

 


 

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Baba 06/09/2011 22:39


Et dire que c'est avec Camille que j'ai gouté pour la première fois du quinoa... et maintenant "son homme" va en produire en quantité ! Quelle histoire ce quinoa !!! Ici c'est moisson de tournesol
et semis de colza... un peu moins dépaisant. En plus tout se fait en "gros tracteur" et pas en moto !!Ca fait un moment qu'on a pas eu d'article non ???? Bisous à vous deux. Je pense bien à vous.


Savouré P 14/08/2011 22:05


Hi ! On patauge dans la crise, vos écrits nous rafraichissent. Pour le temps passé ( dernier texte d'Y) c'est vrai au Pérou et ailleurs aussi. La question reste toujours bonne.
Bonne suite


Nicolas 10/08/2011 19:25


et ben dis donc bientôt il faudra une formation de trader de quinoa pour monter les projets!!! Plus sérieusement ça à l'air d'être diversifié comme activité... En tout ça doit changer de notre
quotidien (ordi, fauteuil, réunion) pour des choses beaucoup plus pragmatiques. Et vous plantez quoi comme arbre? La bise à vous deux


Fabien 29/07/2011 08:52


ouah la belle moto... Superbe article qui remet l'église au milieu du village !


anne et damien duquesne 29/07/2011 06:51


merci pour ce témoignage
bon we
amitiés
damien